Les auxiliaires : alliés dans les cultures

Comment limiter le recours aux insecticides en grandes cultures ?

 

 La réponse à cette question est simple : il suffit de réguler naturellement les ravageurs. Comment me direz vous ? Et bien en aménager les parcelles pour favoriser les auxiliaires et diminuer la pression ravageurs.

 

 Les auxiliaires sont de précieux alliés pour réguler les populations de ravageurs dans les parcelles de cultures. Leur impact sur les cultures est indéniable même s’il est encore difficile à quantifier pour le moment.  Besoin de s’en convaincre ? ET bien regardons du côté des coccinelles, des syrphes ou des chrysopes qui peuvent chacune consommer jusqu’à 70 pucerons par jour ! Amis pucerons, vous n’avez qu’à bien vous tenir !

Pour exercer leur activité, ces insectes auxiliaires ont besoin d’un habitat :  présents dans les milieux non cultivés et dans les bordure de champs, ces insectes affectionnent également les haies, les lisières, les bandes fleuries ou enherbées, les fossés, les talus. Ces lieux d’habitation leur fournissent nourriture et abris pour se reproduire.

Malheureusement nos paysages dans certaines régions n’en regorgent pas.

Alors pourquoi ne pas envisager d’aménager les parcelles, leurs abords, de modifier les pratiques culturales pour privilégier ces insectes utiles en voie de disparition dans l’agriculture moderne ? Ce concept est appelé LBCGH : lutte biologique par conservation et gestion des habitats.

En matière de LBCGH, peu de références sont disponibles en France actuellement. Cependant un principe de base doit être retenu : il est nécessaire de défavoriser l’installation des ravageurs d’une part et de favoriser l’installation des auxiliaires d’autre part. Comment ? Et bien en  créant des leurres pour les ravageurs et en mettant en place des zones d’attraits pour les auxiliaires. Simple mais compliqué tout de même !

Pour repousser les ravageurs, différentes expériences existent : semis de plantes pièges, de variétés plus précoces que la variété cultivée (colza), de mélanges culturaux brouillant les sens visuels ou olfactifs des ravageurs…

Pour attirer les auxiliaires, différentes solutions existent.

L’aménagement et l’entretien des périmètres de parcelles qui vont attirer les auxiliaires généralistes tels que carabes, les staphylins, les araignées.

Ainsi, les bandes enherbées sont de très bonnes zones d’attrait. Leur accolement à des haies riches en matières organiques (litières et bois mort) est un plus important qui leur permet de passer l’hiver. Parmi les espèces herbeuses intéressantes, on notera au passage le dactyle et la fétuque qui protègent contre le froid. Ainsi, pour une température extérieure de –17°C, il fera au centre de ces végétations –8°C. Ce rôle de tampon thermique permet aux auxiliaires présents d’être plus actifs et de mieux colonisés l’ensemble de la parcelle.   

L’aménagement de bandes fleuries en bordures de parcelles.

Elles vont attirer beaucoup d’insectes susceptibles de trouver leur énergie pour le vol (nectar) et leurs sources de protéines pour leurs œufs (pollen). Ces bandes fleuries possèdent l’avantage de pouvoir être semées pour plusieurs années. Leur implantation est simple à condition de le faire sur une zone indemne d’adventices vivaces colonisatrices telles que chardons, chiendents, liserons, rumex.

Des solutions plus simples existent également comme l’implantation de phacélie en bordure de champs de maïs ou de blé par exemple, l’introduction de pieds de tournesol dans du maïs

Pour mettre toutes les chances de son côté et prendre encore davantage soin de ces « insecticides » 100 % naturels, on évitera les parcelles de trop grande taille. En effet, le rayon d’action des auxiliaires est faible, moins de 400 m. on diversifiera l’assolement, l’idéal étant de le faire à l’échelle de microrégions.

On l’aura compris , le principe est simple et peut se résumer ainsi : multiplier les sources d’attraits pour les auxiliaires.

Alors pourquoi ne pas essayer ? Et si vous faites partis des avant-gardistes qui pratiquent déjà, et bien faites nous part de vos expériences, envoyez nous de jolies photos…pour que ce concept se développe. 

Sources : « des aménagements pour conforter l’impact des auxiliaires » - Réussir céréales grandes cultures – juin 2007 – numéro 204.

 

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 20/06/2007

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